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Read in EnglishDéfinition
Le DHA est l'oméga-3 le plus utile au cerveau et à la rétine. Indispensable au développement nerveux et à la fonction visuelle, on le retrouve à chaque étape de la vie : dans le lait maternel, dans l'alimentation des chiots et chatons en croissance, dans les recommandations spécifiques aux femmes enceintes et allaitantes.
Acide docosahexaénoïque de son nom complet (22 carbones, 6 doubles liaisons), il provient principalement des poissons gras et de certaines micro-algues marines.
Quand on parle d'oméga-3 utiles au cerveau et à la rétine, on parle en réalité d'un seul d'entre eux : le DHA. C'est lui que les membranes des neurones et des photorécepteurs accumulent en grande quantité, et lui dont la carence prolongée laisse des traces mesurables sur le développement nerveux et la fonction visuelle. Sa particularité tient à la fluidité qu'il confère à ces membranes : sans DHA, les neurones et les photorécepteurs perdent en réactivité, et leur capacité à transmettre rapidement l'information diminue.
Structure neuronale : c'est, et de très loin, l'oméga-3 dominant du système nerveux central. Le DHA représente environ 30 % des acides gras polyinsaturés (AGPI, c'est-à-dire les acides gras qui portent plusieurs doubles liaisons) du cortex cérébral, contre moins de 1 % pour l'EPA (acide eicosapentaénoïque, un oméga-3 plus court à 20 carbones) dans le même tissu.
Vision : la concentration est encore plus marquée dans la rétine, où le DHA peut représenter jusqu'à 50 % des graisses des structures qui captent la lumière au fond de l'œil (les segments externes des photorécepteurs).
Reproduction : il est essentiel au développement fœtal puis à la maturation des spermatozoïdes, ce qui explique le supplément spécifiquement recommandé pendant la grossesse et l'allaitement.
Signalisation : il sert de précurseur à des médiateurs anti-inflammatoires (résolvines, protectines, marésines) qui pilotent la phase de résolution de l'inflammation.
Quand un poisson gras est riche en DHA, ce DHA ne vient pas du poisson lui-même : il vient des micro-algues marines qu'il a mangées, directement ou via sa chaîne alimentaire. Les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng) restent aujourd'hui la première source de DHA pour l'alimentation humaine et animale, mais l'industrie sait désormais cultiver directement les micro-algues productrices, ce qui court-circuite la pêche. Deux souches dominent ce marché :
Schizochytrium est la souche industrielle dominante depuis la fin des années 1990, à la fois sur les volumes commercialisés et sur la maturité réglementaire : l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) lui a accordé son avis Novel Food, et la FDA américaine lui reconnaît le statut GRAS (Generally Recognized As Safe). C'est elle qui se trouve derrière la quasi-totalité des huiles DHA d'origine non animale aujourd'hui sur le marché, qu'il s'agisse de suppléments humains, de laits infantiles ou de croquettes pour chats et chiens. Sa biodisponibilité du DHA est comparable à celle des huiles de poisson, sans la charge en métaux lourds.
Crypthecodinium cohnii est la souche historique, première filière DHA végétale à atteindre l'échelle industrielle dans les années 1990. Elle reste utilisée notamment dans certains laits infantiles.
Pour l'adulte, deux agences sanitaires fixent des repères proches mais pas identiques : l'EFSA au niveau européen retient 250 mg/jour d'EPA et DHA cumulés, avec un supplément de 100 à 200 mg de DHA pendant la grossesse et l'allaitement.
En France, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) va un cran plus loin et fixe une recommandation spécifique au DHA, séparée de l'EPA, ce qui n'a pas d'équivalent direct dans l'avis EFSA.
Le nom docosahexaénoïque est construit sur deux racines grecques : εἴκοσι (eikosi, vingt), préfixé pour donner « docosa » au sens de vingt-deux, et ἕξ (hex, six) pour les six doubles liaisons. Le suffixe -énoïque signale une fonction acide carboxylique insaturée, c'est-à-dire un acide gras qui porte au moins une double liaison sur sa chaîne carbonée.
Le DHA a été identifié dans les huiles de poisson au début du XXe siècle, et sa structure complète établie au cours des années 1930 par les travaux sur les lipides marins, en particulier dans le sillage de l'école japonaise (Toyama et coll.). L'acronyme anglo-saxon DHA s'est imposé internationalement dans les années 1970, en parallèle des travaux des chercheurs danois Dyerberg et Bang, dont les études chez les Inuits du Groenland ont reconfiguré le regard porté sur les acides gras marins dans la prévention cardiovasculaire.
Surpêche et dépendance halieutique : la majorité du DHA alimentaire mondial provient encore d'huile de poisson, et plus précisément de petits pélagiques (anchois, sardines, menhaden). Environ 35 % des stocks halieutiques mondiaux sont aujourd'hui exploités à des niveaux biologiquement non durables (contre moins de 10 % au milieu des années 1970), ce qui maintient une pression croissante sur la ressource.
Contamination par les métaux lourds : les poissons prédateurs concentrent le méthylmercure par bioaccumulation tout au long de la chaîne alimentaire. L'EFSA fixe une dose hebdomadaire tolérable de 1,3 µg/kg de poids corporel, soit environ 91 µg par semaine pour un adulte de 70 kg : un seuil rapidement atteint pour les gros consommateurs d'espadon, de thon ou de requin. Cela crée un dilemme entre apport nutritionnel et exposition toxique, particulièrement sensible chez la femme enceinte et le jeune enfant.
Accessibilité du DHA végétal : au kilogramme d'huile brute, les huiles d'algues coûtent encore deux à quatre fois plus cher que les huiles de poisson équivalentes. Mais l'huile algale est deux à trois fois plus concentrée en DHA, si bien que ramené au gramme de DHA effectivement livré (l'unité qui compte pour la santé du consommateur), l'écart se referme à un facteur d'environ 1,5×. Et ce surcoût réduit s'accompagne d'externalités absentes du côté halieutique : aucun prélèvement en mer, aucune capture accessoire de dauphins, de tortues, d'oiseaux marins, aucune charge en mercure ni en polluants organiques persistants.
Chez Animalert, nous estimons que la nutrition animale doit se choisir avec rigueur : le DHA est indispensable au chat, au chiot, au chaton, à la chienne et à la chatte en gestation, et reste recommandé chez l'animal adulte. La question n'est donc pas de savoir s'il en faut, mais d'où on choisit de le prendre : sur des poissons que la pêche industrielle tue par milliards, ou dans une cuve qui ne fait souffrir aucun être vivant sensible.
Comme le rappellent Lane et coll., l'huile micro-algale offre un DHA aussi biodisponible que celui des huiles de poisson, sans la contrepartie toxicologique des matières premières marines :
Reste la question de l'échelle. Couvrir les apports en DHA de centaines de millions d'animaux domestiques ne peut pas continuer à reposer sur des poissons prélevés en mer. Adarme-Vega et coll. identifient les biofactories micro-algales comme la voie la plus avancée pour produire EPA et DHA à grande échelle sans pression sur les pêcheries :
Cadre de référence : les valeurs EFSA et ANSES citées plus haut sont des apports adéquats pour l'adulte en bonne santé, pas des objectifs thérapeutiques. La littérature place le palier d'effet cardiovasculaire mesurable autour de 500 mg/jour d'EPA et DHA (ISSFAL), les bénéfices cliniques chroniques entre 1 et 2 g/jour, et la limite supérieure sûre à long terme à 5 g/jour pour la supplémentation en EPA et DHA (EFSA 2012). Les besoins sont relevés pour la femme enceinte, la femme allaitante, le jeune enfant, et de la même façon en nutrition animale pour les chatons, les chiots, les femelles gestantes et les animaux âgés.
Combien de DHA par jour pour un adulte ? L'ANSES recommande 250 mg de DHA par jour pour l'adulte français, et l'EFSA retient 250 mg de DHA et EPA cumulés au niveau européen. Les besoins augmentent pendant la grossesse et l'allaitement, avec un supplément de 100 à 200 mg de DHA spécifiquement.
Le DHA est-il indispensable au chien et au chat ? Oui, le DHA est indispensable au chat (sa conversion à partir de l'ALA, acide alpha-linolénique, est très faible) ainsi qu'aux chiots, chatons, animaux gestants ou âgés, dont le développement nerveux ou la rétine en dépendent directement. Chez le chien adulte, la conversion à partir de l'ALA couvre une fraction des besoins mais reste insuffisante pour les phases de croissance ou de reproduction.
Notre position : à apport nutritionnel équivalent, nous privilégions une source de DHA d'origine micro-algale plutôt qu'une source halieutique. Préférable pour l'animal qui la consomme (biodisponibilité équivalente, sans mercure ni polluants organiques persistants), et préférable pour les milliards de poissons et les espèces non ciblées qui sont prélevés chaque année dans les filets pour produire l'huile actuelle. À apport nutritionnel constant, choisir la cuve plutôt que la pêche réduit la souffrance animale sans la déplacer ailleurs.